B - Quand l'alcool atteint le cerveau

Le cerveau possède plus de 15 000 neurones qui sont en communication pour produire les pensées, les mouvements et les sensations. Les informations entre les neurones circulent sous forme d'activité électrique, appelée influx nerveux. Pour passer d'un neurone à un autre, l'influx nerveux se transforme en messages chimiques qui prennent la forme d'une substance sécrétée par le neurone, le neuromédiateur. Le neuromédiateur traverse l'espace situé entre deux neurones, la synapse. Il existe différents neuromédiateurs (dopamine, sérotonine, acétylcholine...) qui se lient à des récepteurs spécifiques.

Les recherches scientifiques ont montré que c'est sur ces processus qu'agissent les substances psychoactives.

La plupart des drogues agissent sur un certain type de récepteurs. L'éthanol lui agit sur presque tout le système. Il touche les réseaux de l'ACh (acétylcholine), de la dopamine, de la sérotonine, du glutamate et du GABA (acide γ-aminobutyrique).

Dans un cerveau sans alcool, le GABA agit comme le grand ralentisseur de l'activité des neurones. En ciblant les récepteurs du GABA, l'éthanol exagère le ralentissement du cerveau. L'organisme va donc désensibiliser les récepteurs au GABA, c'est à dire qu'il y aura moins de récepteurs au GABA afin d'éviter d'être "trop freiné". L’activité neuronale s’en trouve donc davantage diminuée, d’où l’effet sédatif de l’alcool. Même si le processus n'est expliqué que récemment, cet effet sédatif est bien connu depuis longtemps et l'alcool a été utilisé par le passé comme un médicament pour soulager la douleur. Mais c'est ce même effet qui explique que la consommation d'alcool est responsable d'accidents de toute sortes.

C'est ce type d'adaptation qui finit par ancrer l'alcoolisme dans les neurones. Le cerveau est contraint d'inventer un nouvel état d'équilibre. Mais cet équilibre est précaire et il s'effondre quand la personne alcoolique arrête de boire. Cela explique en partie les difficultés à rester abstinent.

L'alcool a aussi pour effet de bloquer un neuromédiateur naturel les récepteurs nommés NMDA ce qui entraine une circulation au ralenti des informations dans le cerveau.

Dans la longue liste des effets, certains comportements à risques comme l'alcoolisation rapide chez les jeunes ont pour conséquences de réduire définitivement les capacités intellectuelles. En effet les neurones ont besoin de vitamines B1 et PP pour leur survie. Or, l’alcoolisation chronique entraîne des carences dans ces deux vitamines et la destruction des neurones.

Enfin, l'alcool provoque une forte dépendance en agissant sur la libération de la dopamine, neurotransmetteur impliqué dans la dépendance.

Neurone
Buveur15cerveau

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