A - Une perception visuelle altérée

La modification de la perception visuelle est l'une des premières manifestations de troubles chez le sujet alcoolisé.

La vision est une activité nerveuse qui implique la rétine et le cerveau. La perception visuelle résulte d'un traitement d'informations entre l'œil et le cerveau. La rétine reçoit l'information et la transmet au cerveau puis le cerveau construit une image mentale. Comme nous l'avons vu, sous l'emprise de l'alcool, les informations circulent au ralenti dans le cerveau, ce qui a des conséquences sur la vision.

Vision

La rétine dispose de cellules sensibles appelées photoréceptrices. Leur rôle est de recevoir les messages lumineux et de les transformer en messages nerveux par les fibres du nerf optique, qui les transmet au cortex occipital situé à l'arrière du cerveau.

Plus précisément il y a eux types complémentaires de cellules photoréceptrices qui interviennent dans la vision

  • les bâtonnets: permettent la perception de la luminosité,
  • les cônes: responsables de la vision des couleurs.

Selon la densité de ces deux types de photorécepteurs au niveau de la rétine, on distingue trois types de vision :

  • la vision centrale permet de fixer un objet devant soi. La vision centrale possède une densité importante de cônes, de plus elle permet la vision en couleur ainsi q'une meilleure acuité visuelle ;
  • la vision périphérique permet la perception des mouvements et des contrastes et renseigne sur ce qui se passe en bordure du champ visuel c'est à dire sur l'environnement qui nous entoure. La vision périphérique est riche en bâtonnets, elle est peu précise et ne permet pas la distinction des couleurs ;
  • la vision binoculaire permet la vision en relief.
Vision2

Pour mieux illustrer ce phénomène, étudions les modifications de la perception visuelle chez un sujet alcoolisé au volant de sa voiture.

La vision du conducteur est altérée, il se produit, en effet:

- une réduction du champ visuel

- une vision trouble

- une mauvaise appréciation des distances

- des éblouissements

 

L'alcool réduit le champs visuel :

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En effet, lorsqu'un individu est alcoolisé, il se produit une diminution de la vision périphérique: "effet tunnel".

La vision périphérique s va ainsi capter des informations comme un piéton qui s'apprête à traverser ou une voiture qui arrive de la droite ou de la gauche.

Sous l'influence de l'alcool, la zone périphérique de la rétine possède moins de cellules nerveuses et celles-ci vont fonctionner au ralenti. Par conséquent les informations ne sont plus envoyées à la rétine ?? d'où une diminution de la vision périphérique.

De plus, les muscles oculomoteurs, responsables du mouvement des yeux dans leur orbite, fonctionnent également au ralenti.

Ces deux phénomènes, entraînent une altération de la capacité de la vision périphérique. Sous l'emprise de l'alcool, le conducteur ne verra pas le danger sur la droite ou la gauche.

 

L'alcool rend la vision trouble :

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Lorsqu'un individu est alcoolisé, sa vision devient trouble. À l'état normal, la partie centrale du champ de vision est très précise. Chez le sujet alcoolisé la vision centrale devient comparable à celle d'une personne n'ayant pas de problèmes de vue et qui porte une paire de lunettes avec une forte correction. Il se produit, en effet, une diminution de la transmission des informations de la rétine vers le cerveau qui n'arrivera donc pas à produire une image nette.

 

L'alcool provoque des éblouissements :

 

Les muscles présents dans l'iris sont chargés de contrôler l'ouverture et la fermeture de la pupille en fonction de la luminosité. Sous l'influence de l'alcool, ils vont fonctionner au ralenti, ce qui provoque des éblouissements.

 

L'alcool induit une mauvaise appréciation des distances :

 

Ceci est lié à une perturbation de la vision binoculaire. Le cerveau interprète la vision venant des deux yeux, puis par un processus de fusion des deux images presque identiques, il les regroupe pour en faire une troisième image tridimensionnelle, c'est la vision binoculaire. Cette vision est indispensable à l’évaluation des distances et des largeurs. Elle est perturbée lors de la prise d'alcool. Le conducteur va alors freiner ou tourner trop tard ou trop brusquement car il aura une mauvaise évaluation de la distance.

 

Exemple: à 50 km/h, la distance parcourue entre la perception du danger et le freinage sera de 14 mètres pour un conducteur n’ayant pas bu alors qu'elle va être de 22 mètres pour un conducteur présentant un taux d’alcoolémie de 0,5 g/ l elle va même atteindre 26 mètres pour un conducteur affichant un taux d'alcoolémie de 0,8 g/l.

 

Ces effets sur la vision ont fait de l'alcool la première cause de mortalité sur les routes. En 2013, 650 personnes ont été tué dans un accident de voiture à cause de l'alcool.

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